Une semaine avec la première tablette sous Ubuntu Touch

Par , le dans Tests
Une semaine avec la première tablette sous Ubuntu Touch
Nous étions nombreux à l'attendre de pied ferme et notre patience a enfin été récompensée : la première tablette officielle sous Ubuntu Touch est enfin arrivée !

Après une courte période de pré-commande, la machine espagnole est maintenant disponible sur le site officiel de BQ avec un prix d'attaque de 229.90€ pour la version HD. Je ne vais pas m'attarder sur les caractéristiques techniques, elles sont identiques au modèle sous Android commercialisé l'an dernier. Seul notre OS préféré vient remplacer le petit robot vert.

Ubuntu Touch et convergence



C'est donc Ubuntu Touch 15.04 (OTA-10.1) qui anime la bête. Pas de surprises donc, on trouve exactement la même version sur les smartphones BQ et Meizu. Le premier coup d’œil est cependant un peu moins flatteur : certains scopes semblent "distendus" et mal cadrés. Les images se retrouvent tout à gauche de l'écran, laissant de gros trous disgracieux... Un point qui sera probablement réglé très vite avec les futures OTA.



Je continue ma découverte de la tablette. Gros point noir : ça rame pas mal. J'ai l'impression de revenir aux débuts de ma relation avec mon Aquaris E4.5. Ubuntu Touch a encore de gros progrès à faire dans le domaine de l'optimisation et le matériel plutôt limité de la M10 ne doit pas arranger les choses. Mais je ne m'inquiète pas trop là non plus, les devs font de l'excellent boulot !
Je m'essaye donc ensuite au mode "Side Stage", une nouveauté apportée par le grand écran de la M10. Derrière ce nom barbare se cache en fait un mode multi-fenêtre comme on en trouve chez Samsung. Sauf qu'ici, on n'est pas limité à quatre pauvres applications : n'importe quelle appli, du navigateur à l'appareil photo peut être utilisée dans ce mode. C'est bien chouette, même si pour le moment ça reste un peu brouillon. Des améliorations auront probablement lieu dans les prochains mois.



J'arrive ensuite à la partie qui a été mise en avant par Canonical ces derniers mois : la convergence. C'est quoi ce truc, vous demandez-vous ? C'est tout simplement le principe recherché depuis des années par tous les constructeurs : un seul OS, un seul code pour tous les appareils. C'est pourquoi la tablette est équipée d'applications pré-installées telles que Firefox, LibreOffice ou encore GIMP. Non, vous ne rêvez pas, ce sont bien des versions PC qui tournent sur une tablette tactile !



Manque de bol, le clavier virtuel ne fonctionne pas pour le moment avec ces applications. Il faut donc connecter un clavier et une souris (via bluetooth ou USB) pour transformer la M10 en PC complet. Dès le branchement effectué, l'OS bascule en mode "Bureau" avec des fenêtres redimensionnables, déplaçables, etc... Comme votre version Ubuntu classique. L'effet est tout bonnement bluffant ! Le concept est tout simplement énorme et écrase à mon sens tout ce que la concurrence fait dans le milieu (Billou, si tu passes par là...).



Mais ne sortez pas le champagne trop vite, il y a encore du chemin à parcourir pour Canonical. Pour le moment, l'expérience est très limitée. Les plantages et gels sont nombreux. La M10 est loin d'être assez puissante pour tout gérer actuellement, mais l'idée est là. Un clavier, une souris et Firefox : hop, vous écrivez un article comme celui que vous lisez actuellement. Même matos, mais vous ouvrez GIMP : hop, une retouche de la photo de famille. Et ainsi de suite. Et cerise sur le gâteau : si vous branchez la tablette à un moniteur externe via HDMI, son écran se transforme en pavé tactile grand format. La M10 prend ainsi le rôle d'une mini unité centrale. Et ça, c'est franchement énorme !

Pourquoi l'acheter (ou pas) ?



Reste à savoir si il faut craquer ou pas. D'un point de vue budget, l'Aquaris M10 Ubuntu Edition ne coûte pas plus cher que ses jumelles sous Android. C'est déjà un bon point. Quant à l'OS, il faut quand même savoir vers quoi vous vous dirigez. Actuellement, Ubuntu Touch est en plein développement. Il est loin d'être mature, du moins si vous le comparez à Android ou iOS. Mais si vous êtes un geek, un vrai de vrai, alors ça ne vous posera pas de problème. Comme moi et plein d'autres, vous attendrez avec impatience les mises à jour, en cherchant les bugs afin de les reporter sur LaunchPad. Vous ferez mumuse avec le terminal ou vous tenterez même de développer votre propre application afin de la proposer au monde entier.
Car c'est finalement bien là l'essence de cette toute première tablette Ubuntu : rassembler les passionnés, les curieux et créer un OS presque parfait. Je suis vraiment convaincu que Canonical peut le faire. Il faudra du temps, il y aura des erreurs de parcours, mais à la fin la récompense sera là, avec un système d'exploitation universel et incontournable.